HISTOIRE DE L'HOLMESOLOGIE EN FRANCE

LA SOCIETE DES AMIS D'HENRY FOURNAYE


L'HOLMESOLOGIE FRANCAISE AUJOURD'HUI

Histoire de l'holmésologie française

Holmésologie : nom féminin (du nom propre "Holmes" et du grec "Logos" discours) science qui a pour objet l'étude de la vie et de l'oeuvre de Sherlock Holmes.

Il n'est pas exagéré d'affirmer que l'holmésologie francophone naquit, un beau jour de mai 1906, lorsque Maurice Leblanc publia dans "Je sais tout" une aventure d'Arsène Lupin intitulée "Sherlock Holmes arrive trop tard". On sait qu'à la demande Conan Doyle, agent littéraire du docteur Watson, il devait par la suite adopter le pseudonyme  transparent d' "Herlock Sholmès" pour désigner son personnage.

L'holmésologie francophone se fit alors pastichante et parodique, avant de devenir enfin aujourd'hui une discipline scientifique sérieuse.

L'holmésologie pastichante et parodique

De Thomas Narcejac (Le Mystère de Nightingale Mansion) à l'éblouissant florilège holmesien de René Réouven (Les histoires secrètes de Sherlock Holmes), en passant par la verve délirante de Cami (Les aventures de Loufoq Holmès) les écrivains de langue française ont, de longtemps, rendu un hommage appuyé à l'illustre locataire de Baker Street.

Pastiche et parodie font bon ménage dans l'holmesologie francophone, sans qu'il soit toujours bien facile de faire la part de l'un et l'autre. Notons toutefois que la génération holmesienne actuelle semble plus éprise de pastiches "canoniques" que ne l'étaient Leblanc ou Cami. Aux côtés du maître Reouven, Alexis Lecaye (Einstein et Sherlock Holmes, Marx et Sherlock Holmes) Béatrice Nicodème (Défi à Sherlock Holmes) ou Jean-Jacques Sirkis (La grand mère de Sherlock Holmes) nous ont (entre autres) donné récemment de nouvelles aventures pseudo-canoniques tout à fait passionnantes.

Mais c'est au coeur des années soixante qu'apparu le second versant de l'holmésologie francophone : l'holmésologie scientifique, dite également :

L'holmésologie glosante

Alors que les précurseurs s'étaient contenté (et nous avaient contenté) en nous donnant des écrits plus ou moins présentés comme provenant de la plume du bon Docteur Watson, c'est à une approche beaucoup plus scientifique que nous convient les holmesologues "glosants" (pour reprendre la juste expression de Paul Gayot). Il semble que la première parution de l'étude de Baring-Gould (Moi, Sherlock Holmes) en 1964 incita certains amateurs de para-littératures à se pencher sur les écrits canoniques. Le 'pataphysicien Kicxé Kirmu s'attaqua alors aux relations qui auraient uni notre héros avec Arsène Lupin, il fut rapidement suivi Jean-Claude Dinguirard, Jean Ferry ou l'excellent Michel Lebrun (récemment disparu). (sur la 'pataphysique, voir l'excellent site Cymbalum Pataphysicum)

Le mouvement était lancé, et plus rien ne devait l'arrêter. L'OuLiPoPo (Ouvroir de Littérature Policière Potentielle) fit à l'holmésologie deux superbes enfants : les deux volumes du Mémorial Sherlock Holmes (1982) et la Société des amis d'Henri Fournaye, première véritable société holmesienne francophone si l'on passe sous silence les mystérieux assassins du boulevard (allusion à Huret...) qui, semble-t-il échappent encore à toutes recherches. Les "amis" se séparèrent après quelques années et une dizaine de numéros de la "Troisième tâche" sans oublier les derniers soubresauts de deux anciens amis Jacques Baudou et Paul Gayot : le Musée de l'Holmes et le nouveau Musée de l'Holmes parus chez Neo à la fin des années '80.

Après un "grand hiatus" de quelques années, que ne marque aucune initiative holmesienne française convainquante, l'holmésologie revient aujourd'hui de l'autre coté des chutes de Reichenbach, grâce au remarquable travail des Evadés de Dartmoor.